Rendre ses bitcoins productifs avec la DeFi

L’année 2020 marque un premier transfert en masse de bitcoins sur Ethereum. Si en Juin seuls 20,000 BTC transitent par le réseau Ethereum, on en compte environ 150,000 aujourd’hui, soit environ 2,8 milliards de dollars. Une goutte d’eau par rapport à la capitalisation de marché de Bitcoin (340 Milliards de dollars fin Novembre) mais un apport de capital financier conséquent à Ethereum. 

Moteur d’un tel transfert, la finance décentralisée sur Ethereum propose aux détenteurs de bitcoins des nouvelles utilisations productives qui ont su séduire les détenteurs de cet or numérique

Retour sur ces nouveaux moyens de rendre le bitcoin productif et sur les modalités techniques du transfert

Rendre le bitcoin productif

La finance décentralisée offre au BTC un vaste champ de nouvelles possibilités pour générer des revenus.. 

Citons les deux plus importantes : l’échange et le crédit

Le bitcoin étant un moyen d’échange important avec un volume journalier d’environ 30 Milliards de dollars, une première évidence pour le rendre productif est de fournir de la liquidité aux plateformes d’échange décentralisées pour être rémunéré sur le volume des transactions. Sur Uniswap par exemple, le bitcoin représente environ 10% de l’ensemble de la liquidité bloquée sur le protocole. 

Mais le bitcoin étant surtout une réserve de valeur, il autorise des nouvelles capacités d’emprunts par le dépôt en collatéral sur les protocoles de crédit de la finance décentralisée. Cette capacité d’emprunt sert ensuite à participer aux multiples activités offertes par la finance décentralisée (trading, yield farming, etc..). Ce bitcoin en retour est aussi emprunté, ce qui génère un taux d’intérêt aux dépositaires et le rend d’autant plus productif. 

Un compromis entre décentralisation et efficience

Pour apporter le bitcoin sur Ethereum, le défi technique est important car les chaînes ne communiquent pas nativement entre elles. Pour pallier cela, il faut en faire une représentation synthétique, un bitcoin enveloppé (ou wrapped bitcoin en anglais) aux standards Ethereum qui soit échangeable contre un bitcoin natif en tout temps. 

On estime que 85%* du bitcoin sur Ethereum l’est selon le modèle du custodian central

C’est ainsi que le WBTC fonctionne, bitcoin le plus populaire sur Ethereum avec une émission de 2,3 Milliards de dollars. Sous ce modèle, les fonds sur bitcoin sont garantis par un tiers de confiance (Bitgo, dans le cas du WBTC) qui émet la quantité de fonds synthétiques en contrepartie sur Ethereum. Le WBTC représente la version compatible du bitcoin (BTC) avec la norme des tokens ERC-20 et est échangeable contre le BTC selon un ratio de 1 pour 1. 

Même si les fonds peuvent être audités à tout moment, déléguer leur gestion à un tiers de confiance pose des risques. Par exemple, si les clés privées du custodian sont corrompues ou hackées et que les fonds disparaissent, l’actif synthétique perd toute sa valeur. 

Dès lors, la seconde solution est de faire appel à un custodian décentralisé. Environ 10%* du BTC sur Ethereum l’est selon ce modèle. 

RenVM propose un réseau de noeux décentralisés qui gèrent les clés privées et le stockage du bitcoin. Si l’architecture technique diffère largement de la custody centralisée, l’idée est similaire : Le renBTC est un actif synthétique échangeable contre du BTC selon un ratio 1:1. Mais au lieu de placer ses BTC dans les mains d’un custodian, les BTC sont placés dans les mains d’un réseau décentralisé de noeux (darknodes) auxquels les informations sur les clés privées sont cachées par des procédés cryptographiques. Ils opèrent individuellement dans le “noir” mais signent et effectuent des transactions collectivement. 

Un tel réseau décentralisé pour la gestion des clés est moins efficient qu’un custodian central, mais en contrepartie le protocole est plus sécurisé (car décentralisé) et l’expérience est plus fluide (car les d’interactions humaines sont limitées)

Enfin, un dernier type de solution pour apporter Bitcoin sur Ethereum est de s’exposer au bitcoin synthétique pur. Le sBTC de Synthetix en est le meilleur exemple. Il s’agit d’un actif synthétique qui suit la valeur du BTC en temps réel, mais qui n’est pas soutenu par directement par du BTC. Retrouvez plus d’explications dans notre article dédié

Pour servir sa fonction de moteur de la finance décentralisée, de nombreux défis techniques restent à dépasser et Ethereum recherche toujours la meilleure recette pour intégrer Bitcoin à ses circuits. D’autres blockchains, comme Polkadot par exemple, proposent des solutions natives à ce problème d’interopérabilité et laissent encore ouvertes les voies futures de la finance décentralisée. 

*source : https://btconethereum.com/