Gestion d’actifs : Quel rationnel pour s’exposer aux cryptomonnaies ?

Les cryptomonnaies, Bitcoin au premier rang, sont une nouvelle classe d’actifs à part entière. Au regard des politiques monétaires actuelles, certains acteurs n’hésitent plus à sortir des sentiers battus dans leur gestion financière, et cela commence à se traduire par des investissements croissants dans les cryptomonnaies. Nous détaillons dans cet article quelques unes des narratives et arguments allant dans ce sens. 

Une nouvelle classe d’actifs moins corrélés aux autres

Les cryptomonnaies, et en particulier Bitcoin, en tant que nouvelle classe d’actifs dans le monde financier, peuvent revêtir différentes formes :

  • Une commodité numérique (de l’or 2.0)
  • Une monnaie, ou pseudo-monnaie
  • Une part d’un actif à l’origine d’une révolution technologique 

Pour illustrer ce propos, nous vous renvoyons à la  la conférence de Mathieu Jamar, gérant du fonds B40lux donnée en décembre 2019 à ce lien détaillant le caractère nouveau de cette classe en comparaison des autres.  

En effet, entre la plupart des cryptomonnaies et les indices que sont l’or, les obligations d’Etat américaines à 10 ans ou les marchés d’actions, la corrélation est faible (partie grise proche de 0) comme soulignée par la table des corrélations suivantes sur l’année écoulée. 

Historiquement, un meilleur rendement avec une exposition minimale

Cet intérêt pour Bitcoin peut s’expliquer en partie par les performances passées de l’actif, et son intérêt lors de la constitution de portefeuilles d’actifs. 

En février dernier, Alex Lielacher a proposé dans un article pour cryptonews une modélisation simple de différents portefeuilles dans lesquelles une exposition au bitcoin est ajouté : il en ressortait que les performances des portefeuilles à différents horizons de temps s’en trouvent augmentées, que ce soit à 1, 2 ou 5 ans. 

Cependant, gare au raisonnement par induction : Il convient de nuancer ces performances historiques, ne préjugeant en rien de l’avenir de la valeur de l’actif. Néanmoins, dans une optique de diversification du portefeuille, cet actif peut prendre tout son sens pour les managers de portefeuilles. 

Bitcoin, or numérique pour se protéger de l’inflation ? 

Une autre “narrative” gagne en poids dans les milieux économiques et financiers : Bitcoin deviendrait une potentielle réserve de valeur au même titre que l’or

De par son caractère fini et sa robustesse (sécurité du réseau), des investisseurs commencent à dresser un parallèle entre la flambée de l’or dans les années 70 pour se prémunir contre l’inflation (à la suite de la fin des accords Bretton-woods) et la situation du bitcoin à aujourd’hui. 

Le premier acteur influent à avoir sans équivoque appuyé ce lien est Paul Tudor Jones, gérant d’un hedge fund de taille conséquente. Il résume sa position dans cette vidéo explicitant l’effet “Lyndi” ( le fait que chaque jour passant renforce la proposition de valeur de bitcoin et sa raison d’exister). Il inscrit cette réflexion dans la tendance accélérée de numérisation de l’économie par la crise Covid faisant de Bitcoin une réserve de valeur en devenir. 

D’autres signaux vont dans ce sens avec la société Grayscale proposant différents véhicules financiers offrant des expositions à une ou plusieurs cryptomonnaies, et ayant lancé une campagne de publicité sur les principales chaînes américaines.

De manière plus frappante encore, par un communiqué de presse, la société MicroStrategy (éditeur de logiciel coté au NASDAQ) déclarait récemment avoir acquis plus de 21 454 bitcoins pour 250 millions de dollars. 

Le communiqué est agrémenté d’une déclaration du CEO : “We find the global acceptance, brand recognition, ecosystem vitality, network dominance, architectural resilience, technical utility, and community ethos of Bitcoin to be persuasive evidence of its superiority as an asset class for those seeking a long-term store of value. Bitcoin is digital gold – harder, stronger, faster, and smarter than any money that has preceded it. We expect its value to accrete with advances in technology, expanding adoption, and the network effect that has fueled the rise of so many category killers in the modern era.”

Une corrélation partielle et à suivre à la rentrée 2020

Si, Bitcoin devient prisé dès lors que l’on constate une dé-corrélation avec les autres actifs, on peut aussi remarquer que, au cours de l’année 2020, et par périodes, Bitcoin et le SPX500 (marché d’actions américaines) ont pu avoir à l’inverse une corrélation plus importante, comme en témoigne la chute de mars 2020 suite à l’épidémie de Covid 19. Cela ne présage en rien d’une corrélation future, mais l’indicateur est intéressant à suivre au moment d’investir.