Les jetons non fongibles (NFT)dans la DeFi

De quoi s’agit-il ?

Le NFT pour Non Fungible Token se traduit par “Jeton non-fongible”. Cela signifie qu’un jeton présente des caractéristiques qui lui sont propres, uniques, qui empêchent de le confondre avec un autre jeton. Les jetons fongibles sont à l’inverse des jetons interchangeables. Un euro vaut un autre euro par exemple, le jeton du protocole AAVE vaut également un autre jeton AAVE, tandis qu’un NFT ne vaudra pas un autre NFT. 

Pour illustrer ce concept, prenons l’exemple de Sorare (société française créant un jeu à mi-chemin entre Mon Petit Gazon et les cartes Panini nativement numérique). 

La société propose l’achat de jetons représentant des joueurs de football émis en quantités limitées. 

Le joueur possède un design sur le site du jeu comme suit et une existence sur la blockchain Ethereum avec un identifiant unique :

 

Cette carte représentant Cristiano Ronaldo est émise en 100 exemplaires et chaque carte aura sa propre expérience dans le jeu en fonction du nombre de matchs joués donc sa propre histoire dont découle sa valeur sur le marché. 

En “jetonisant” un actif numérique, celui-ci devient plus aisément liquide, auditable et transparent afin de pouvoir contrôler son émission, et devient une “réelle” détention pour le joueur recevant ou achetant une carte. Libre au détenteur de l’envoyer à un proche ou de le vendre à une autre personne.  

Un actif à part entière aux applications nombreuses 

Le NFT peut revêtir différentes formes et donc être par exemple un objet (“item”) de jeux vidéos, un actif immobilier ou une oeuvre d’art à part entière. Les plateformes OpenSea ou Rarible proposent une place de marché permettant d’acheter ses oeuvres numériques. Citons Pascal Boyart proposant des fresques bien réelles mais aussi une tokenization de son art qui propose à la vente ses oeuvres. 

Dans des univers numériques à la “Second Life”, il devient dès lors possible d’être propriétaire de terrains représentés par un NFT indiquant les coordonnées. Charge aux particuliers et aux entreprises de construire ensuite sur ses parcelles un casino, un espace de discussion ou une école. Depuis 2018, il s’est échangé pour plus de $20 millions de parcelles ou d’items tokenizés sur la plateforme Decentraland. Ces NFT disposent donc d’un prix qui se fonde sur l’offre et la demande. Certes moins liquides que des jetons traditionnels, les parcelles depuis 2018 sont restées relativement stables dans leur prix. 

On peut donc imaginer construire des services sur cette valeur. 

Les NFT dans la DeFI : 3 projets remarquables 

  • Yearn & Nexus Mutual grâce à un partenariat proposent dorénavant des polices d’assurance sous forme de NFT. Cela signifie qu’il devient possible de vendre sur un marché secondaire cette police. Vous pouvez souscrire à l’assurance sur le site : https://yinsure.finance/add

Il en résulte la création d’un jeton qui peut se revendre sur une plateforme type Rarible qui a proposé la première esquisse de design suivant : 

Il est donc possible en payant 0.40 ETH d’être couvert à hauteur de 200 ETH. Cela peut être pertinent dans l’optique ou vous utilisez par exemple le service de Balancer et payez la prime avec vos gains. Si avant la fin de la couverture, vous décidez de changer de service ou de retirer vos possessions de Balancer, il devient donc possible de revendre la couverture avec un discount au pro-rata du temps restant par exemple. 

  • Le projet Whale est une monnaie communautaire qui repose sur la valeur d’un coffre-fort dit Vault. La valeur du jeton $Whale est donc dérivée de la valeur de l’entièreté de ce vault. On y retrouve d’ailleurs quelques oeuvres de Pascal Boyart mais aussi des parcelles de Sandblox (concurrent au projet Décentraland) ou des cartes très rares du jeu de cartes (tokenizées) Gods Unchained. 

Environ 3000 actifs composent cette réserve, consultable à ce lien : https://opensea.io/accounts/the_vault

  • Aave & RealtT dans un medium ouvrent la voie à la possibilité de déposer en collatéral des NFT ou des jetons standards représentant tout ou partie d’un bien immobilier afin de pouvoir emprunter des cryptomonnaies sur la plateforme de AAVE (comme présenté dans l’article suivant). Il s’agit d’une piste intéressante dans l’optique d’une démocratisation de l’utilisation de la DeFi pour des initiés à la finance. 

Un marché potentiel colossal quantifié sur le gaming et bientôt dans la DeFi ? 

Le secteur dans lequel les NFT sont les plus présents à date est celui du Gaming. En août 2020, il s’était vendu pour plus de $100 millions de volume en NFT, un plus haut depuis le lancement retentissant des “cryptokitties” en 2017. L’Atelier (issu du groupe BNP Paribas) dans une étude sur l’économie virtuelle estime que le marché représentera $100 milliards avec pour composante de ce secteur une démocratisation des NFT. Cela fait écho à la récente actualité d’une plateforme d’échange japonaise de cryptomonnaies souhaitant lancer sa place de marché et des objets utilisables directement dans le jeu Minecraft suite à un partenariat avec Enjin (service de création de NFT). 

Comme à son habitude, l’industrie du jeu vidéo est une des premières à se saisir des innovations, et à convertir les opportunités en réels retours sur investissement significatifs. A ce titre, les NFT contribuent à émanciper la DeFi de la simple spéculation financière entre initiés.